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Fiche ressource

Dossier "L’étudiant" : 10 modes de logement pour étudiant

Se loger, si possible pas trop cher, pas trop loin et avec un minimum de confort … c’est LE sujet de préoccupation de chaque rentrée étudiante. Location, cité U, coloc’, logement intergénérationnel… voici les différents modes de logements possibles. Bon plan ou galère ? Selon vos attentes et votre budget, sachez où vous pourrez poser votre sac.

Les résidences universitaires

Les résidences universitaires

C’est le mode de logement étudiant le plus recherché parce que le moins cher. Mais pas le plus répandu : avec environ 165.000 chambres et studios répartis dans les grandes villes universitaires, les cités U gérées par les CROUS (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires) ne logent que 8 % des étudiants.

Un vrai bon plan parce que…

- Les loyers sont imbattables. À 150 € pour une chambre standard de 9 m2 ou 400 € pour un studio, vous ne trouverez pas moins cher. Déduisez une éventuelle ALS (aide au logement sociale), et c’est l’aubaine.

- Proches du lieu d’études, si ce n’est en centre-ville, et le plus souvent bien desservies par les transports en commun, les cités U ont été conçues – et rénovées dans la grande majorité des cas – pour vous faciliter la vie quotidienne.

- Les lieux sont sécurisés. Avec la présence de gardiens dans la journée, de vigiles pendant la nuit, avec des caméras et des badges obligatoires à l’entrée, les cités U sont plutôt rassurantes, notamment pour les filles.

- La convivialité est appréciée des étudiants qui partagent des espaces de vie commune (cuisine, salle télé…). Idéal pour ceux qui débarquent seuls dans une ville universitaire.

Sauf que…

- Il n’y a pas de place pour tout le monde. Priorité est donnée aux étudiants à faibles ressources et éloignés de leur domicile familial.

- Un manque de confort minimal dans certaines résidences universitaires est à déplorer malgré un vaste programme de constructions et de rénovations.

- Certains peuvent se sentir à l’étroit dans un espace de 9 m2.

- Des règles de vie en communauté, parfois très strictes, sont à respecter : pas de bruit après 22 heures, une cuisine commune ouverte à certaines heures… Dans la journée, vous avez le droit d’inviter des amis dans votre chambre et une tolérance est de rigueur pour quelques nuits. Mais si vous envisagez la vie de couple, il faudra penser à déménager

Les résidences universitaires privées

Logement étudiant : les résidences universitaires privées

Pour pallier la pénurie de logements dans le parc social des CROUS (centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires), les résidences universitaires gérées par des groupes privés (Estudines, Fac-Habitat, ICADE, Nexity Studea, Studélites…) offrent une alternative : des studios ou des deux-pièces meublés dans des résidences dédiées aux étudiants avec quelques services à la clé.

Un vrai bon plan parce que…

- Vous trouverez toujours de la place dans l’une des 650 résidences privées implantées dans les grandes villes universitaires.

- Vous êtes assuré d’un très bon confort avec un logement meublé (avec un coin cuisine) et différents services dans la résidence (buanderie, cafétéria, accès internet, salle de sport et piscine pour les plus luxueux…) et de vivre dans un lieu bien sécurisé.

- Vous êtes installé près de votre lieu d’études ou à proximité des transports en commun.

- Vous pouvez bénéficier d’une aide au logement (se renseigner auprès de votre Caisse d’allocations familiales).

Sauf que…

- Les loyers mensuels sont équivalents au prix d’une location dans le parc privé : pour un studio, comptez environ 650 € à Paris, 500 € à Lyon ou Marseille, 350 à 400 € dans une autre ville en province.

- Vous devez aussi payer des frais de dossier (équivalents à un mois de loyer) et une caution (2 mois de loyer).

- Vous devez prévenir au moins 2 mois à l’avance si vous souhaitez abandonner votre logement en cours d’année (par exemple pour un séjour à l’étranger), sauf cas exceptionnel.

Une chambre ou un studio dans le privé

Logement étudiant : une chambre ou un studio dans le privé

C’est le moyen de se loger le plus évident, même s’il n’est pas le moins cher. De la chambre de 9 m2 (la superficie minimale en deçà de laquelle un propriétaire n’a pas le droit de louer) au studio, la location dans le parc privé permet d’accéder à un vrai chez soi. Seul hic : c’est cher (voir notre article Logement étudiant : quels loyers prévoir ?) et les petites surfaces sont rares, surtout à Paris.

Un vrai bon plan parce que…

- “Home sweet home”… vous êtes chez vous ! Vous arrangez votre logement à votre goût, en toute liberté (gare aux voisins tout de même !), sans contrainte de vie en communauté… bref la vraie autonomie.

- Vous choisissez votre logement en fonction de vos envies et de vos contraintes (moyen de transport, distance au lieu d’études…).

- Vous pouvez alléger vos charges de loyer en bénéficiant de l’aide au logement (se renseigner auprès de la Caisse d’allocations familiales).

Sauf que…

- Décrocher un logement dans le parc privé est un parcours du combattant. La demande pour des chambres ou des studios est souvent supérieure à l’offre, surtout en région parisienne. D’où une inflation des prix. Comptez 500 € par mois pour une chambre de 9 m2 à Paris, 400 € dans une grande ville comme Marseille, Lyon ou Bordeaux et 300 € dans une plus petite ville en province.

- Les exigences de propriétaires sont rudes avec une caution obligatoire et des preuves de ressources au moins 3 fois supérieures au montant du loyer.

- Des dépenses s’ajoutent si vous passez par une agence : l’équivalent d’un mois de loyer pour les frais d’agence, en plus des 2 mois de caution.

- Vous n’êtes pas à l’abri d’une arnaque. Évitez absolument les “vendeurs de listes”, ces agences qui vous proposent d’acheter une pseudo liste d’annonces exclusives de location. Et ne payez rien avant la signature du bail.

La colocation dans le privé

Logement étudiant : la colocation dans le privé

Partager son salon, sa salle de bain, ou encore sa cuisine, ça vous tente ? Louer un appartement à 2, 3 ou 4 est un mode de logement qui séduit beaucoup d’étudiants. Par nécessité – c’est évidemment moins cher –, mais aussi par choix, simplement pour le plaisir de partager l’expérience de l’autonomie loin de sa famille, mais proche de ses congénères.

Un vrai bon plan parce que…

- C’est moins cher à la location ! Louer, par exemple, un trois-pièces à 3 revient en moyenne moins cher qu’un studio seul

- C’est plus économique aussi pour les charges comme pour les dépenses de vie quotidienne à partager.

- Plus c’est grand, plus c’est confortable.

- La vie à plusieurs c’est plus joyeux et plus agréable. Et en cas de coups de blues, vous pourrez toujours trouver un réconfort. Idéal pour celles ou ceux qui quittent pour la première fois le foyer familial, et/ou même leur pays d’origine.

Sauf que…

- Il faut en passer par les formalités et les exigences des propriétaires (notamment sur les ressources et la caution !). Et gare aux arnaques liées à toute location dans le privé.

- Au-delà de 2 colocataires, les propriétaires sont souvent frileux à louer leur grand et bel appartement à une joyeuse bande d’étudiants.

- La vie en colocation impose des règles de vie quotidienne pas faciles à tenir si vous ne vous êtes pas mis d’accord au préalable. Attention par exemple au rythme de vie et d’études de chacun : quand l’un prépare un concours et que l’autre est en stage ou a fini son année, la cohabitation peut s’avérer compliquée. Faites notre test pour savoir si vous êtes fait pour la colocation.

- Attention à la clause de solidarité appliquée au paiement du loyer et de la caution. Si l’un des colocataires ne paie pas, le propriétaire est en droit de vous réclamer la somme due.

Habiter chez des personnes âgées

Logement étudiant : habiter chez des personnes âgées

Le principe du logement intergénérationnel consiste à être hébergé chez une personne âgée en échange de services rendus pour des tâches quotidiennes : se charger des courses, sortir les poubelles, cuisiner… ou tout simplement faire la conversation. Le loyer est modulé selon les services rendus. Il peut être gratuit si vous vous engagez sur une présence, des services et des horaires réguliers.

Un vrai bon plan parce que…

- Vous pouvez être logé gratuitement.

- Vous vivez une belle expérience avec une personne âgée qui vous permettra sûrement d’apprendre pas mal de choses sur la vie.

- Vous profiterez d’une charmante compagnie en rentrant des cours. Un mode de logement idéal pour ceux qui viennent de quitter papa-maman et qui ne veulent pas se retrouver seuls.

Sauf que…

- Basé sur le donnant-donnant, le logement intergénérationnel impose de donner de votre personne.

- Cohabiter avec une personne âgée exige de la patience et un mode de vie plutôt calme.

- Attention à ne pas endosser le rôle d’aide-soignant. Ce mode de cohabitation n’impose pas de participer aux soins ou à la toilette de votre hôte.

- Le logement intergénérationnel est organisé par des associations. Vous devez payez une cotisation (de 10 à 350 €), passer un entretien et adhérer à une charte de bonnes pratiques.

- Vous n’avez pas droit à une aide au logement de la CAF (caisse d’allocations familiales).

Les “maisons d’étudiants”

Logement étudiant : les “maisons d'étudiants”

Les maisons ou foyers d’étudiants sont des résidences gérées par des associations qui proposent des chambres individuelles ou doubles. Un grand nombre de ces maisons sont des foyers gérés par des religieux, le plus souvent d’obédience catholique, et la plupart sont réservées aux filles.

Un vrai bon plan parce que…

- Le loyer est un peu moins élevé que les prix du marché locatif privé : pour une chambre, comptez entre 400 € à Paris et 300 € en région.
- Le cadre de vie est souvent agréable, avec cuisine, salle télé. Certaines maisons disposent d’un espace extérieur (jardin, parc…).

- Les maisons d’étudiants sont très sécurisantes et propices à une ambiance studieuse, pour ne pas dire monacale…

Sauf que…

- Les places sont rares : une trentaine de “maisons d’étudiants” à Paris et une cinquantaine en région.

- La plupart sont en fait des maisons d’étudiantes, réservées aux filles donc.

- Chaque maison a son règlement qui, en général, est strict : participation à la vie collective (cuisine, ménage..), horaires d’ouvertures à respecter (au plus tard minuit en fin de semaine), contrôles des entrées et sorties, restriction voire interdiction d’accès aux non-résidents dans les chambres (dans certaines maisons d’étudiantes, seules les mères sont autorisées à visiter les chambres de leurs filles !).

Habiter dans un container !

Logement étudiant : habiter dans un container !

Insolite ! Le concept du logement en container transformé en habitation vient de Hollande et se décline en Allemagne, en Australie et au Canada. Il a été expérimenté en France sur une résidence de 100 logements construite au Havre sur un terrain de 1.000 m2 d’espaces verts, ce qui représente une surface habitable unitaire de 25 m2.

Un vrai bon plan parce que…

- À l’exemple des cités U, vous profiterez d’un loyer modique (305 € par mois pour un studio) sans compter l’aide au logement.

- C’est plus grand qu’une chambre en cité U ou résidence universitaire puisque vous aurez 25 m2 d’espace.

- Chaque studio est composé d’une cuisine équipée et d’une salle de bain isolée, plus la connexion wi-fi.

Sauf que…

- Il faut être étudiant au Havre puisque pour l’instant c’est la seule ville en France qui l’expérimente.

- Il n’y a pas de place pour tous. Les étudiants pouvant bénéficier de ces logements seront ceux disposant de faibles ressources comme pour les cités U.

- Des règles de vie en communauté très strictes sont à respecter, comme les horaires, les visites…

Jeune fille/homme au pair

Logement étudiant : jeune fille/homme au pair

La formule au pair fonctionne en quelque sorte sur du donnant-donnant : logé chez une famille, vous avez droit à une chambre, parfois à l’extérieur de l’appartement, en échange d’une présence auprès des enfants : pour s’en occuper toute ou partie de la journée, les accompagner à l’école, leur faire faire leurs devoirs, les faire manger…

Un vrai bon plan parce que…

- Vous êtes logé et nourri par vos hôtes.

- Vous bénéficiez de conditions de vie souvent agréables, car ce sont les familles qui ont recours à des étudiants au pair sont généralement aisées.

- Vous vivez une première expérience en responsabilité, à faire valoir sur votre CV.

Sauf que…

- Il est difficile de concilier des études avec une occupation à plein temps auprès des enfants.

- Vous risquez d’être sans cesse sollicité par la famille, si vous ne vous accordez pas a priori avec les parents sur un nombre précis d’heures de présence.

- Il vous sera difficile de recevoir des amis, si vous n’avez pas de chambre en dehors du domicile de vos hôtes.

Les foyers pour jeunes travailleurs

Logement étudiant : les foyers pour jeunes travailleurs

Gérés par des associations qui mettent à votre disposition des chambres individuelles, studettes ou studios pour couples, les foyers pour jeunes travailleurs sont avant tout accessibles aux étudiants apprentis ou en stage. Les étudiants salariés sont acceptés.

Un vrai bon plan parce que…

- Les loyers sont un peu moins chers que pour un logement indépendant : environ 400 € par mois pour une chambre à Paris et 300 € en région.

- Vous ne serez pas seul. Qui dit foyer, dit vie collective avec des rencontres possibles et des activités proposées par certains établissements (salle de sport, espace télé, cafétéria…).

Sauf que…

- Vous ne serez pas forcément prioritaire : les jeunes en apprentissage, en stage ou déjà salariés passent en premier.

- Vous devez assurer vous-même l’entretien de votre studio ou chambre.

- Il y a souvent des règles à respecter, plus ou moins strictes selon les foyers, comme l’interdiction de cuisiner dans sa chambre ou d’accueillir des personnes extérieures.

Le squat

Logement étudiant : et le squat ?

Le principe est aussi simple que risqué : vous occupez un logement laissé vacant par son propriétaire jusqu’à ce que les forces de l’ordre vous délogent ! Pour cela il suffit d’une décision de justice d’expulsion. Vous avez juste droit à un sursis pendant la “trêve hivernale”, qui suspend toute expulsion entre la 1er novembre le 15 mars.

Un vrai bon plan parce que…

Heu… à part la gratuité, il n’y a pas vraiment d’avantages. Le squat est plutôt à considérer comme un acte militant face au problème du mal-logement en France. Une loi dite de réquisition permet certes à un préfet d’installer d’office dans des logements vacants depuis plus de 6 mois des personnes mal-logées ou sans logement. Mais elle est rarement appliquée.

Sauf que…

- C’est évidemment illégal : dès lors, vous risquez à tout moment de vous faire expulser et même de payer une forte amende.

- Autant dire qu’il est difficile de mener des études dans ces conditions.


© L’étudiant, DOSSIER : 10 MODES DE LOGEMENT ÉTUDIANT : BONS PLANS OU GALÈRES ?